Visite guidée de l'exposition anniversaire

Ils sont plasticiens, designers, compositeurs, réalisateurs, tous lauréats Audi talents awards, ils proposent à la Galerie Audi talents du 12 avril au 28 mai un parcours onirique et immersif dans leurs « souvenirs de la vie sur terre au XXIème siècle ».

Point d’orgue d’une année de célébration des dix ans du programme de soutien à la création Audi talents awards, l’exposition a été conçue par les artistes à partir d’une proposition du comité artistique du programme : Vincent Carry, Gaël Charbau, René-Jacques Mayer et Carole Scotta.

A l’issue d’ateliers où toutes les idées ont été mises en commun, Wilfrid Almendra, Neïl Beloufa, Jérôme Dumetz, Franck Fontana, Constance Guisset, Arnaud Astruc & Benjamin Fournier-Bidoz, Grégory Hervelin, Thomas Karagiannis et Arnaud Lapierre ont proposé des hypothèses communes ou individuelles interrogeant les thèmes de la mémoire et de ses traces, de l’esprit du temps et de ses dérèglements.

Référence à l’une des installations visible au sous-sol, le titre de l’exposition, 06 75 72 33 32, Live a message, signe la volonté des curateurs et artistes d’inclure le public dans l’espace artistique, de faire de cette exposition collective et interdisciplinaire une expérience interactive pour les visiteurs aussi. Chacun pouvant sur ce numéro de téléphone laisser un message, une « trace sonore », diffusée ensuite dans une installation au sous-sol de la galerie, faisant ainsi entrer dans l’intimité de l’espace le hasard des voix du monde.

Scénographie : Constance Guisset Studio

Wilfrid Almendra

Lauréat Art contemporain 2008
Wilfrid Almendra est un artiste franco-portugais. Il travaille aujourd’hui à Marseille. Représenté à Paris par la galerie Bugada & Cargnel, il a exposé entre autres à la Fondation d’Entreprise Ricard, au Frac Ile-de-France et au Palais de Tokyo.  Dans son travail, idées et matériaux sont inséparables. Son vocabulaire formel est issu de l’architecture, des formes et des surfaces dont nous nous entourons. Les matériaux qu’il utilise proviennent le plus souvent de l’économie alternative, du troc et de l’échange. Ils mettent en tension des questions liées aux classes sociales, au désir de confort, à l’utopie architecturale et à la capacité individuelle d’invention et de poésie trouvée au cœur des choses les plus normatives.

www.wilfridalmendra.com

Sans Titre
2017
Bois, plâtre, cuivre, acier, verre, câbles.
(Court. Galerie Bugada & Cargnel, Paris)

L’installation Sans Titre (2017) est composée d’éléments sculpturaux volontairement laissés en état de fluidité et de fragilité. Les matériaux, récupérés, troqués et transformés, témoignent de modalités alternatives de dons et d’échanges. Leurs formes évoquent des flux portés par l’eau et l’électricité, supposent de la chaleur, de la circulation, suggèrent une sensation de confort… Il y est question de désir et de transparence, d’un rapport sensible à l’espace. Une partie de l’œuvre fait par ailleurs écho à des réflexions que l’artiste mène sur la possibilité de créer des émetteurs qui diffuseraient de façon aléatoire des poésies sonores sur la bande FM. Sorte d’archive évolutive d’un projet utopique, l’installation de Wilfrid Almendra semble échapper à toute classification et nous invite à imaginer son possible fonctionnement.

Neil Beloufa

Lauréat Art contemporain 2011

Neïl Beloufa (né en 1985 à Paris, France) est un artiste franco-algérien qui vit et travaille à Paris et New York. Son travail a fait l’objet d’expositions monographiques en France et à l’international, notamment à K11, Shanghaï, 2016, au MoMA, Museum of Modern Art, New-York, 2016, au Schinkel Pavillon, Berlin, 2015, à l’ICA, Institute for Contemporary Arts, Londres, 2014, au Hammer Museum, Los Angeles, 2013, au Palais de Tokyo, Paris, 2013. Il est actuellement représenté par les galeries Balice & Hertling à Paris, Mendes Wood à New-York et Sao Paulo, la Galleria Zero à Milan et François Ghebaly à Los Angeles. Son travail est présent dans de nombreuses collections prestigieuses dont la collection du Musée National d’Art Moderne, Centre Pompidou, The Museum of Modern Art collection, MoMA New-York, la collection Sammlung Goetz et la Julia Stoschek collection.

www.neilbeloufa.com

Data for Desire
Vidéo : 2015
Installation : 2017
Techniques : Acier, fer à béton, résine epoxy, moustiquaire, projecteur
(Court. Galerie Balice & Hertling, Paris)

Data for Desire met en scène une équipe de scientifiques français qui tente de prédire à l’aide d’outils mathématiques et statistiques les comportements d’un groupe d’adolescents participant à une fête au Canada. Mais peu à peu, des regards en coin, des rapprochements semblent révéler des dérèglements dans le comportement des chercheurs eux-mêmes, laissant entrevoir l’idée qu’ils sont à leur tour observés, objets de probabilités, peut-être celles que le spectateur projette lui-même dans le film qu’il découvre… Dans un univers sur-contrôlé, soumis aux lois des prédictions et du data-mining, quelle place est-il laissé au dérèglement et à l’imprévisible ? La vidéo est prolongée par une installation de fer à béton qui complète, dans l’espace, des éléments suggérés dans le film.

Jérôme Dumetz

Lauréat Design 2013
Après des études en Architecture et en Arts appliqués, Jérôme Dumetz se présente comme artisan-designer. Dans son atelier marseillais, il dessine, développe et fabrique du mobilier. De sa double approche de designer et constructeur, son travail entretient une relation étroite avec les matériaux et l’expérimentation. A la recherche de l’objet juste, il revendique un design où se croisent simplicité et poésie.

www.jeromedumetz.com/

la mémoire de l’eau
2017
Paysage sur papier, bâche, eau, bureau personnel

« Il est debout devant ses champs.
Il a ses grands pantalons de velours brun, à côtes ; il semble vêtu avec un morceau de ses labours.
Les bras le long du corps, il ne bouge pas. Il a gagné : c’est fini.
Il est solidement enfoncé dans la terre comme une colonne. »
Extrait de Regain, Jean Giono.

La mémoire de l’eau est une installation issue des réflexions menées pendant les workshops préparatoires à l’exposition. Jérôme Dumetz a choisi de mettre en scène son propre bureau de travail pour le soumettre aux aléas du ruissellement de l’eau qui altère et efface peu à peu les objets et le travail de l’artiste. Le dispositif fonctionne comme une métaphore des traces que peut laisser un créateur dans l’histoire, vues au travers d’un présent où le vrai, bardé d’images de lui-même, est probablement « un moment du faux ».

Arnaud Astruc & Benjamin Fournier-Bidoz

Lauréats Musique à l’image 2012

Après une année passée sur les routes d’Europe et d’Afrique de l’Ouest à la rencontre de musiciens anonymes pour leur projet Terre de Notes, Arnaud Astruc et Benjamin Fournier-Bidoz co-fondent en 2010 avec Nicolas Duperron  « Chut on vous écoute », une agence spécialisée dans la création d’identités sonores pour les marques. En 2012, ils créent également le groupe Aravis avec le chanteur Neeskens. En 2016, Arnaud, Benjamin et Nicolas lancent Radio 17bis, une webradio, éclectique et singulière, qui mélange les genres et porte une attention particulière aux jeunes groupes, se faisant l’écho d’une scène nouvelle qui rafraîchit le paysage musical français et international. Destinée à un public curieux et international, Radio 17bis diffuse de la musique en continu, 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, sans aucune publicité ni single formaté.

www.chutonvousecoute.com/

Alexandre Echasseriau

Lauréat Design 2014

Alexandre Echasseriau a décroché deux diplômes à l’Ecole Boulle – bronzier et tourneur ornemental – avant de se lancer en design industriel et de quitter en 2013 l’Ensci-Les Ateliers avec les félicitations du jury. Il croise dans son travail les savoir-faire rares d’artisans avec les dernières découvertes technologiques de laboratoires. A la fois poétique et engagée, sa démarche de designer se nourrit de sa culture d’artisan. Un casque de vélo en laine, une enceinte de salon en marbre, un bonzaï de champignons, un papier-peint interactif, une housse d’iPad en cuir avec clavier tatoué à l’encre conductrice … : ses créations singulières et audacieuses lui valent la reconnaissance des institutions, tel le Centre Pompidou qui lui confiait en 2017 la direction artistique de La Fabrique, son nouveau Fablab pour les 9-12 ans.

www.alexandreechasseriau.com

Franck Fontana

Lauréat Design 2007

Après avoir collaboré pendant trois ans avec le designer Sébastien Cordoleani avec qui il fut co-lauréat Audi talents awards en 2007, Franck Fontana créé son propre studio. Cofondateur et directeur artistique de la marque Orée, il poursuit désormais de son côté sa carrière de designer et continue de se laisser guider par la même philosophie. C’est en jouant des qualités des matériaux, des savoir-faire qu’il aime à imaginer des objets simples et singuliers.

www.franckfontana.com

06 75 72 33 32

2017

Panneaux de bois laqués noir, 25 prises jack

Une alcôve pour écouter et entendre le monde. Des témoignages, des sons laissés sur un répondeur éphémère livrent des sentiments (ou perceptions) sur notre époque. Diffusés grâce à une série de connecteurs, les messages, les bruits se diffusent puis disparaissent. A chaque branchement un contact fortuit et intime, un point de vue sur un paysage sonore fugace et en mouvement, se déclenche.

Conception et design : Alexandre Echasseriau et Franck Fontana
Design sonore : Arnaud Astruc et Benjamin Fournier-Bidoz

Constance Guisset

Lauréate Design 2010

Constance Guisset a fondé son studio spécialisé en design, scénographie et architecture intérieure en 2009. Elle s’attache à créer des objets ergonomiques et légers, animés et accueillants, émanant d’un désir de mouvement, de délicatesse et de surprise. Elle travaille avec de nombreuses maisons d’édition de mobilier françaises et étrangères, conçoit des objets industriels et réalise des scénographies de spectacles ou d’exposition (pour le musée des Arts décoratifs, le musée du quai Branly à Paris, le Palais des Beaux-Arts de Lille ou pour des marques comme les Galeries Lafayette et Molteni. En 2011, elle reçoit le prix de la meilleure scénographie, D’Days, Paris. En mai 2012, une première exposition personnelle lui est consacrée à la Chapelle des Calvairiennes, Centre d’Art Contemporain du Pays de Mayenne. De septembre 2016 à janvier 2017, une rétrospective a lieu au Mudac (Musée de design et d’arts appliqués contemporains) de Lausanne.

www.constanceguisset.com

Monolithe
2017

La collection Monolithe présente une série de rocs aux lignes douces. Tour à tour tabourets, table et lampe, ces objets sont une réponse contemporaine au monolithe de « 2001, l’Odyssée de l’espace », de Stanley Kubrick. Dans le film, traits rectilignes et angles droits, il représente une pureté qui n’est pas humaine. Ici, ce mobilier sculptural répond aux besoins de notre époque en faisant appel à une autre forme de perfection, celle du rond. Souplesse et douceur naissent des courbes des objets, révélant la chaleur de la pierre de lave. Une nouvelle ère s’ouvre, celle de l’accueil et de la délicatesse.

Grégory Hervelin

Lauréat Court-métrage 2009

Réalisateur mais aussi concepteur de dispositifs de projection et de diffusion musicale, curieux insatiable, Grégory Hervelin remporte l’Audi talent award dans la catégorie Court-métrage Fiction en 2009 avec « Patrons, employés, même combat ». Il réalise ensuite plusieurs projets multiformes, parmi lesquels le clip du « Off festival » de Cincinatti en collaboration avec l’agence de Bruno Selles, une salle de projection animée montée dans un sac géant pour la maison Hermès, des clips, un court-métrage avec Lou Doillon… En 2015, il forme TheUp! avec le musicien Gaël Barbieri. Ensemble, ils composent « Lookin’ For The Nite », film à écouter, album à voir, une odyssée électro-rock destinée au live, qui sera performée pour la première fois lors du Week-end des Musiques à l’image 2015 à La Philharmonie de Paris. La même année, Grégory termine son premier long-métrage, écrit et réalisé avec Aurélie Herrou : « In The Box ».

https://vimeo.com/album/4493551/

Extraction
2017
Extraction est une installation vidéo qui permet de sortir de son corps. Une illusion sensorielle qui décale le regard que l’on porte sur nous-même et sur les objets qui nous entourent. Notre regard, ainsi déporté hors de notre corps, nous force à devenir notre propre spectateur, agissant dans notre propre perception du présent.

Conception : Grégory Hervelin
Design : Franck Fontana

Thomas Karagiannis

Lauréat Musique à l’image 2014

Après des premiers cours de batterie à 12 ans, Thomas Karagiannis apprend seul la guitare et le piano à 15 ans avant de se lancer – seul encore – dans l’apprentissage de la composition. Traités d’harmonie et heures passées au clavier… Thomas Karagiannis a peu à peu créé son univers. Sorti de l’université de Lyon un Master 2 de Musiques appliquées aux arts visuels en poche, il a composé pour des court-métrages, joué des ciné-concerts et édité une partition. Son inspiration, pop-rock ou symphonique, le conduit à composer une musique sensible et chaleureuse.

www.thomaskaragiannis.com

Mémoire et Mémoire
2017
Inspiration musicale sur le thème de « souvenirs de la vie sur terre ».

Arnaud Lapierre

Lauréat Design 2011

Arnaud Lapierre (1979) est un designer français vivant à Paris. Son studio couvre différents domaines, entre le design d’objet, de mobilier, d’espace, le dessin et les installations artistiques. Depuis 2008, son travail est récompensé à diverses reprises : Révélation Jeune designer du Salon NOW design et Révélateur de talents CINNA en 2010, lauréat Audi talents awards Design en 2011, consacré  New Designer of the year en 2012 par Elle Déco Award, son œuvre Ring reçoit la même année le titre de Best installation par le magazine WallPaper. Récemment son vase Shield a été récompensé aux Best Artworks du ArtBasel Miami.

www.arnaud-lapierre.com

Capillarity

2017

Pierre de Saint-Maximin, eau, bleu de méthylène

L’installation propose la contemplation expérimentale d’un changement d’état progressif, d’une altération lentement perceptible et diffuse : l’aléatoire mutation d’une pierre de Saint-Maximin par l’infusion rythmée d’une goutte d’eau colorée. Le spectateur est invité à observer les effets de la capillarité : trace d’un lent processus qui ne se dévoile que dans un rapport au temps.

23 rue du Roi-de-Sicile,
75004 Paris

01 76 54 16 23

Accès :
M° Hôtel de ville 1 11 
M° Saint-Paul 1
M° Pont Marie 7
Bus : 67 – 69 – 70 – 72 – 74 – 96

Ouverte du mercredi au dimanche, de 11 heures à 19 heures.
Nocturne le jeudi jusqu’à 22 heures.