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 Les finalistes 2017

Les finalistes Audi talents 2017

Le comité artistique a finalement sélectionné 12 dossiers candidats à l’appel à projets Audi talents 2017. En lice pour cette finale en arts visuels,  Jose Eon et Anita Molinero, Hsia-Fei Chang & byVOLTA, Laureline Galliot, High Tone, Anne Horel, Emmanuel Lagarrigue, Hugo L’ahelec, Selma Lepart, Eric Minh Cuong Castaing, Lucie Picandet, Samuel Tomatis et Les Traces Habiles défendront chacun le 30 mai prochain à Paris leur projet. Pour les départager et élire parmi eux les lauréats 2017, un jury de professionnels composé cette année de Gilles Alvarez, Chiara Parisi, Emilie Pitoiset, Romain Tardy, Ionna Vautrin.

Jose Eon et Anita Molinero – Ante Gravity

Documenter le « cataclysme »

Entre blockbuster spectaculaire et « video-art », ce court-métrage de 25 mn en 3D relief – pièce maîtresse de projet – revendique haut et fort des choix artistiques radicaux, dans la continuité des références SF exploitées tout au long de la carrière de cette sculptrice « radicale ».  Réalisateur déjà confirmé, son fils Jose Eon veut sublimer par l’image le travail artistique de sa mère, qui n’hésite pas à s’attaquer aux matériaux plastiques avec son chalumeau. Portées par l’onirisme des images, les plaques de polystyrène deviennent des plaques tectoniques qui nous racontent l’histoire de la formation de la terre… Selon la formule d’un critique d’art, l’œuvre d’Anita Molinero figure une «  sorte de cataclysme ». Se plaçant à la croisée de différentes disciplines artistiques, Ante Gravity devrait servir de matrice à plusieurs expositions de cette artiste expérimentée et « explosive ».

Photo : Johann Bouché-Pillon

Laureline Galliot – Domestic Visions

Réinventer l’univers domestique en 3D

Domestic Visions se présente sous la forme d’un logement-type donnant à voir un paysage domestique fictif d’environ 25 m2 à l’esthétique expérimentale où se mêlent différentes types de production : arts visuels, objets et mobilier spécifique. Réalisé à l’aide de logiciels de modélisation virtuelle et d’imprimantes 3D, ce projet s’inscrit dans la continuité d’une gamme d’objets imprimés en 3D explorant les nouvelles possibilités plastiques offertes par ces (nouveaux) outils de fabrication numérique. Le soutien à ce projet donnerait l’opportunité à cette « designer numérique » de développer et étendre cette gamme déjà existante à d’autres typologies de mobilier et d’objets d’arts. Formée au métier de designer industriel (Ensci les ateliers), designer textile (ENSAAMA) et pratiquant la sculpture et la peinture numérique, Laureline Galliot poursuit ainsi une démarche pluridisciplinaire, à la croisée de plusieurs pratiques artistiques.

Photo : Vincent Ducard

Le groupe High Tone – Black Dub

Réinventer l’espace scénique d’un groupe de musique live

Né d’une réflexion sur la capacité des êtres vivant à réagir au stimulus pour s’adapter, l’objectif du nouveau projet audiovisuel d’High Tone est de réinventer l’espace scénique classique d’un groupe de musique live. Dans ce dispositif, le public est positionné à 360° autour d’un cube de 5 mètres de côté et de 4 mètres de hauteur. Disposés à l’intérieur de cet objet aux parois translucides et amovibles, les musiciens interagissent directement sur les projections vidéos déclenchant ainsi les mouvements des 5 panneaux transparents. Au fil du spectacle, l’architecture de cette structure se transforme, modifiant ainsi le point de vue du spectateur. Société de production phonographique créée en 2007, Black Dub s’engage à nouveau pour ce projet ambitieux au côté d’High Tone, groupe phare de la scène dub internationale qui distille ses sons depuis plus de 20 ans et a déjà produit 23 albums.

Anne Horel – #

Plongée au coeur du Web-Art

Créer une communauté d’artistes de tous pays et horizons, poser un diagnostic sur notre époque en en répertoriant les mots clés de, ouvrir un nouveau chapitre dans l’Histoire de l’Art, mettre en avant des personnalités extraordinaires…  Telle est la substance du Projet # (hashstag) d’Anne Horel qui a déjà consacré son mémoire d’études aux réseaux sociaux et à leur influence dans la communication et dans l’art. Pour l’année 1 du projet # qui fonctionnera comme un wiki-média , un collège de 26 artistes illustrera les 26 lettres d’un Abécédaire avec 26 vignettes vidéo,  accompagnées pour chacune d’entre-elle d’un portrait des artistes retenus filmés  avec un décor portatif selon un protocole identique : questions, travaux passés et présents, etc. L’ensemble de cette production sera diffusé sur tous les réseaux sociaux et sur le site Internet dédié au projet. En 2017, Anne Horel compte plus de 10 000 abonnés quotidiens sur les réseaux sociaux.

Hsia-Fei Chang & byVOLTA – SOFT YOU

Portrait numérique autonome

Oeuvre d’anticipation ambitieuse qui consiste à produire une entité numérique dotée de sa propre autonomie créatrice, ce projet est issu de la rencontre entre l’ex-journaliste portraitiste Olivier Bergeron, fondateur de l’agence « byVOLTA » et Hsia-Fei Chang, artiste conceptuelle originaire de Taiwan qui s’épanouit depuis 1996 dans la performance introspective mettant en scène des fragments de son histoire, mort comprise. S’inscrivant dans la captation du vivant par le procédé de la DATA numérisation, l’enjeu technique du projet révélera la « formule de l’artiste » via une captation des données dévoilant de multiples aspects de sa personnalité (ADN, Scan 3D corporel, cartographie sociale et de mobilité, etc.) Le double numérique doté de sa propre intelligence artificielle tiendra dans une clef USB.  Lors de l’exposition, le SOFT YOU génératif de Hsia-Fei Chang dont la mission est de poursuivre son oeuvre en parallèle, sera mis en route par l’artiste en chair et en os, le jour d’une performance d’inauguration donnant vie officiellement à son double numérique, porteur de ses secrets les plus intimes.

Emmanuel Lagarrigue –       electronic city   .  (d’après Falk Richter)

Une image du monde contemporain

Avec pour thème la « déréalisation » du monde contemporain, ce projet transdisciplinaire est une adaptation de la pièce « Electronic City » du dramaturge allemand Falk Richter, réalisée non pour des acteurs sur scène, mais pour une installation/dispositif. Relevant de l’art contemporain par son dispositif, du théâtre par sa mise en scène et du cinéma par sa production, le projet place le spectateur au centre de son système : dans un espace ouvert, celui-ci circule sur une « aire de jeu » où sont disposées 8 structures affichant des images sur leur écran transparent. La pièce se déroule au milieu du public comme au milieu d’une foule. Elle sera présentée dans des théâtres comme dans des espaces d’exposition, proposant à chaque fois un changement dans les usages des lieux. Comptant à son actif de très nombreuses expositions individuelles et collectives depuis 2001, Emmanuel Lagarrigue synthétise ici ses axes de recherche principaux.

Photo : CiciOlsson

Hugo L’ahelec – The Death Show

Bienvenus au spectacle rituel 

Pour ce jeune designer, rituels et divertissements sont des prismes de compréhension des activités humaines et de leurs évolutions. A l’ère de l’entertainment, il émet l’hypothèse de leur imbrication avec The Death Show, un projet initié pour son diplôme à l’ENSCI en 2015. Empreint d’une approche esthétique, anthropologique et fictionnelle, The Death Show est une exposition conçue comme un décor en mouvement synchronisé avec une bande sonore. Montées comme une représentation d’une quinzaine de minutes tournant en boucle, six installations se succèdent : mouvements surnaturels, images fantomatiques et effets spéciaux donnent à voir la mort à la fois comme rituel et représentation symbolique. Une invitation à vivre une expérience de la mort et à s’interroger sur l’esthétique du sacré et le spectacle contemporain.

Selma Lepart – Empires Autonomes

La technologie, miroir de nos projections…

En partenariat avec « Bipolar – Un goût d’illusion », cette artiste plasticienne propose une installation interactive et générative. Donnant à voir un écosystème technologique peuplé de robots expérimentaux inspirés de la « softrobotics » dont les comportements s’apparentent aux organismes vivants, cette œuvre d’anticipation nous invite à observer leur métamorphose dans de grands vivariums, spécifiquement désignés pour chaque exposition. Plongé au cœur d’une fiction spéculative, chaque visiteur sera ainsi placé dans un rôle d’explorateur. Collaborant avec plusieurs laboratoires, Selma Lepart nous invite à ses côtés à découvrir de nouvelles convergences entre les domaines des arts, des sciences, de la sociologie, de l’ingénierie et des sciences cognitives. Un travail innovant déjà largement exposé en France et à l’étranger.

Photo : Marielle Rossignol

Eric Minh Cuong Castaing – L’Âge d’or

Immergés dans un monde a-normal

Associant arts visuels, danse et nouvelles technologies, ce moyen-métrage (30 min) expérimental, collaboratif et transdisciplinaire a déjà fait l’objet de premières recherches filmiques fin 2016. Lors de 60 heures d’atelier, des enfants handicapés moteurs de l’Institut d’Éducation Motrice Saint Thys de Marseille se sont vus proposer des lunettes de « réalité virtuelle » leur permettant de voir en temps réel ce que voyaient les trois danseurs présents avec eux, qui portaient au front une caméra. Moments inoubliables pour eux, ces images oniriques consacrent l’avènement d’un nouvel Âge d’Or, bien au-delà des normes. Artiste chorégraphe associé au Ballet National de Marseille, Eric Minh Cuong Castaing a porté au sein de sa compagnie une douzaine de créations associant des drones et des danseurs, des robots et des enfants, ou encore un bodybuilder.

Photo : Jean-Baptiste Le Mercier

Lucie Picandet – Celui que je suis

Une aventure plastique et philosophique

Depuis plus de dix ans, le travail de Lucie Picandet se construit autour d’un projet intitulé « Celui que je suis », qui réunit un ensemble de textes (citations et poèmes), dessins, broderies, photographies, outils, compositions musicales. Son projet de dessin animé occupe une place centrale dans ses recherches, nourrissant l’ensemble de ses productions artistiques, une longue aventure plastique et littéraire débutée en 2004. Initiant une exploration introspective et visuelle dans la mémoire, l’imagination et la pensée de la protagoniste principale, le film débute par un moment d’étrangeté où la jeune femme a perdu toute certitude quant à ce/celle qu’elle croyait être à la suite d’un choc mémoriel généré par la trouvaille d’une carte postale. Alternant expositions collectives et individuelles avec des résidences, cette artiste plasticienne enseignant-chercheur en Cinéma ne cesse d’interroger les subtiles interactions entre le moi et l’inconscient d’un individu.

Samuel Tomatis – Alga 

L’algue, source d’inspiration eco-responsable

Avec l’aide d’un chercheur chimiste et dans le respect d’une scrupuleuse démarche d’éco-conception, Samuel Tomatis est parvenu à développer plusieurs applications fiables à base de matériaux entièrement en algue : des outils pour l’horticulture comme des godets biodégradables servant de contenant et d’engrais pour les plantes, du mobilier avec des lampes ou des assisses à l’aspect marbré très intéressant, des contenants pour l’alimentaire à l’esthétique proche de la céramique ou encore un textile composé à plus de 80% d’une algue connue sous le nom de «cheveux d’ange».  Le jeune designer indépendant aimerait exposer les fruits de ses recherches à la Galerie Botanique du Muséum National d’Histoire Naturelle. Et donner ainsi plus de visibilité à cette démarche qui s’inscrit dans la continuité de son projet de diplôme ayant reçu les félicitations du jury de l’ENSCI en octobre 2016.

Les Traces Habiles – Extimités créatives

La mise en scène du dessin sans dessin

Au carrefour des arts graphiques, de la vidéo, du son et de la scénographie, ce projet collectif et transversal s’appuie sur le dessin en tant qu’“écriture de la pensée en cours“ pour révéler et questionner le processus créatif. Imaginée comme une superposition de partitions (textes, images et sons) la performance combine des interventions en live, des projections et de la sonorisation. Dans le lieu d’exposition où trône l’objet symbolique – le carnet – les textes des créateurs de tous horizons sur leurs pratiques du dessin sont lus par eux-mêmes et par des narrateurs. Fondée en 2011, l’association « Les Traces Habiles » collecte, conserve, expose et publie les traces graphiques « péricréatives » de 150 créateurs contemporains. Elle veut inventer ici une nouvelle forme de monstration.

Photo : Emmanuelle Marchadour